top of page

Combien de protéines par jour en périménopause ? (et pourquoi tu en manques sans le savoir)

12 août
5 min de lecture


Tu manges équilibré. Et pourtant, ton corps ne suit plus.


Je suis sportive, j'ai fait beaucoup de course à pied , j'ai même couru des marathons.

Je pensais connaître mon corps par cœur, le conduire avec discipline et rigueur


Puis j'ai eu 45 ans, et quelque chose s'est décalé.

Même assiette, même hygiène de vie, et pourtant : une fatigue qui ne partait plus au repos, des courbatures qui duraient trois jours au lieu d'un, cette sensation d'être molle de l'intérieur alors que je n'avais rien changé.


J'ai d'abord cherché du côté de l'effort. J'ai poussé plus fort. C'était exactement la ce qu'il ne fallait pas faire à ce moment là.

Ce qui me manquait, ce n'était pas de la volonté. C'était de la matière première. Et aujourd'hui, à 49 ans, c'est le premier trou que je repère dans presque toutes les assiettes des femmes que j'accompagne.


Ce qui change vraiment entre 45 et 55 ans


Les œstrogènes ne servent pas qu'au cycle. Ils participent activement à l'entretien de ton muscle.

Quand ils baissent, ton corps devient moins réceptif au signal « construis ».

Les chercheurs appellent ça la résistance anabolique : à quantité de protéines égale, ton corps en fabrique moins de muscle qu'à 30 ans. Le signal passe moins bien.


Concrètement, ça veut dire deux choses:

La première : tes anciens repères alimentaires, ceux qui te convenaient parfaitement il y a dix ans, ne suffisent plus. Ce n'est pas toi qui te laisses aller. C'est le seuil qui a bougé.

La seconde : ce muscle que tu perds silencieusement, c'est aussi ton stock de glucose, ta stabilité glycémique, ta température, ton sommeil profond et ta capacité à récupérer. Le muscle en périménopause n'est pas un sujet esthétique. C'est un sujet d'énergie.


Le vrai repère : 1 à 1,2 g par kilo et par jour


Les recommandations générales tournent autour de 0,8 g par kilo.

Ce chiffre a été construit pour éviter la carence dans la population générale.

Pas pour maintenir ta masse musculaire dans une phase hormonale où elle est attaquée.

En périménopause, le repère utile se situe entre 1 et 1,2 g par kilo de poids corporel et par jour.

Traduction en clair :

  • 55 kg : environ 55 à 66 g par jour

  • 62 kg : environ 62 à 75 g par jour

  • 70 kg : environ 70 à 84 g par jour

Et si tu bouges régulièrement, si tu fais du renforcement, tu es plutôt sur la fourchette haute.


Attention à un piège classique : 100 g de blanc de poulet ne font pas 100 g de protéines. Ils en apportent environ 25.

C'est là que la plupart des femmes se trompent sans s'en rendre compte.


Une précision honnête : si tu as un souci rénal connu, ces repères se discutent avec ton médecin.


La répartition compte plus que le total


C'est le point que personne ne te dit, et c'est le plus important de cet article.


Ton corps ne stocke pas les protéines. Il a besoin d'un signal suffisamment fort à chaque repas pour déclencher la construction musculaire.

En dessous d'environ 25 à 30 g sur un repas, le signal est trop faible pour passer, surtout avec des œstrogènes en baisse.

Or voilà à quoi ressemble une journée française typique :

  • Petit-déjeuner : tartines, confiture, café. Environ 8 g.

  • Déjeuner : salade composée, un peu de fromage. Environ 20 g.

  • Dîner : c'est là que tout arrive. 50 g d'un coup.

Total sur la journée : 78 g. Sur le papier, c'est correct.


Dans les faits, tu as passé 20 heures sans signal exploitable, et tu as envoyé le double de ce que ton corps pouvait utiliser en une seule fois, le soir, au moment où il se prépare à dormir.


C'est pour ça que le petit-déjeuner est le levier numéro un. Pas parce qu'il est magique, mais parce que c'est le repas où le manque est le plus flagrant, et le plus facile à corriger.


Ce que ça change quand tu combles ce trou


Les femmes que j'accompagne ne me parlent jamais de leur masse musculaire. Elles me parlent de leurs journées.


Ce qui revient le plus souvent, dans les trois à six semaines :

  • Le coup de barre de 17h qui s'atténue, puis disparaît

  • Les fringales sucrées de fin d'après-midi qui perdent leur caractère irrépressible

  • Une énergie plus plate, au bon sens du terme : moins de pics, moins de chutes

  • Des courbatures qui redeviennent normales après une séance

  • Un ventre plus calme le soir, parce que le dîner n'est plus la décharge de la journée

  • Et cette chose difficile à quantifier : se sentir de nouveau solide


Rien de spectaculaire du jour au lendemain. Juste un corps qui redevient fiable.


Les 3 erreurs que je vois le plus souvent


Erreur 1 : tout miser sur le dîner. C'est le réflexe culturel français. Ça donne un total correct et un effet réel médiocre, pour les raisons expliquées plus haut. Déplacer 15 g du dîner vers le petit-déjeuner change plus de choses qu'ajouter 20 g au total.


Erreur 2 : confondre l'aliment et sa teneur réelle. Un yaourt nature classique, c'est 4 g. Un skyr, c'est 10 à 11 g pour le même pot. Deux œufs, c'est 12 g. Une poignée d'amandes, c'est 6 g. Sans ces chiffres en tête, on compte au feeling, et on se trompe systématiquement vers le bas.


Erreur 3 : croire qu'il faut supprimer autre chose pour faire de la place. Ajouter des protéines ne veut pas dire retirer les féculents ou les matières grasses. Ton cerveau, tes hormones et ton système nerveux ont besoin des trois. On ajoute, on ne remplace pas.


À quoi ressemble une journée à 90 g


Sans poudre, sans balance, sans devenir une autre personne.

Petit-déjeuner (30 g) : 2 œufs brouillés, un skyr nature, une poignée d'amandes, du pain complet. Ou, si tu es plutôt sucré le matin : skyr, flocons d'avoine, graines de courge, fruits rouges.

Déjeuner (30 g) : 120 g de saumon ou de poulet, des légumes, du quinoa ou des lentilles, un filet d'huile d'olive.

Collation (10 g) : un yaourt grec, ou 30 g de fromage, ou une poignée d'amandes avec un carré de chocolat noir.

Dîner (20 g) : plus léger. Une omelette de deux œufs, une soupe épaisse de lentilles, ou une portion de poisson blanc avec des légumes rôtis.


Tu remarqueras que le dîner est le plus petit repas de la journée. C'est volontaire. Ton système digestif et ton sommeil te diront merci.


Par où commencer


Ne change pas ta semaine entière. Change ton petit-déjeuner pendant sept jours, et observe ton après-midi. C'est le test le plus rapide et le plus parlant que je connaisse.


Et pour arrêter de compter au feeling, j'ai créé un tableau d'une page avec 30 aliments courants, leur teneur réelle en protéines et la portion correspondante. Celui que mes clientes impriment et collent à l'intérieur d'un placard de cuisine.


Tu n'as pas besoin de tout revoir. Tu as besoin de savoir ce que tu manges vraiment.

Commentaires


bottom of page